En première hypothèse, cela semble surtout vrai pour les nobles de moindre rang, comme on le constate dans les coseigneuries fractionnées de Venasque, Lagnes et Ménerbes en particulier. Les rythmes d’évolution diffèrent aussi beaucoup selon les localités. cit., n° 159, p. 146. Ce cahier est postérieur à 1306 qui est la seule date mentionnée. La deuxième part était celle de Géraud de Bourbouton, oncle d’Hugues de Bourbouton, et de son fils Bertrand. A quoi cela sert-il ? Pour les affaires financières, la levée d’un vingtain ou d’un quarantain, l’audition des comptes, il y avait un conseil unique, un trésorier commun119. Il s’agit en particulier de Pernes, l’ancienne capitale, de L’Isle-sur-la-Sorgue (au terme d’un processus que nous présenterons), de Malaucène, Bonnieux, Oppède, Sorgues, Sablet, Séguret, Saumane, Pilles... Les papes purent ajouter à cet ensemble des localités diverses comme Carpentras, la nouvelle capitale acquise après un échange avec l’évêque, Visan, Cairanne, Buisson ou Villedieu. Geneanet recense plusieurs dizaines de milliers de patronymes en tout genre. Au début du xve siècle, Astoaud (II) Astoaud détenait l’essentiel de l’héritage familial. Localiset et 1. Les transactions se faisaient pour l’essentiel au sein du milieu nobiliaire, mais cela commença à changer à la fin du xive siècle. 2 et 3 : A l’aide du document 3, expliquez le paysage photographié en document 2. À Venasque, le partage égalitaire semble la norme entre frères, quitte à subdiviser des parts infimes de dominium. Leurs acquisitions s’interrompirent en outre au milieu du xive siècle172. Achat Avignon Et Le Comtat Venaissin à prix bas sur Rakuten. 434 (cahier, fol. 121 ADV, AM Venasque, BB 15, fol. 6La commanderie se forma à partir de 1136 grâce à Hugues de Bourbouton qui lui donna ses biens, suivi par un vaste groupe de parents et d’alliés. cit., p. 28. Le Comtat Venaissin propose également un atout majeur à ses occupants, l’accessibilité. Nous intervenons dans le Comtat Venaissin, les Dentelles de Montmirail, le Ventoux ainsi que dans le Lubéron et nous sommes à votre disposition pour acheter la demeure de vos rêves. Fait significatif, au milieu du xive siècle encore, la coseigneurie était généralisée dans la judicature de Valréas20. Histoire du gouvernement des Recteurs pontificaux dans le Comtat-Venaissin: D'après les notes recueillies par Charles Cottier (in French). Entre la seigneurie unitaire et le consulat seigneurial, il existait toute une gamme de coseigneuries impliquant un nombre réduit d’intervenants. L’âge des consulats urbains indépendants était révolu, ce qui fut définitif avec la disparition de celui de Marseille (1262). Mais l’action conjointe avec trois syndics représentant la communauté finit par s’imposer : deux populaires et un représentant des nobles128. 72 Ainsi dans un acte de septembre 1210 : nos consules et domini de Insula, juramus [...] nomine nostro et consulatus nostri [...], et plus loin nos consules pro posse nostro debemus eos [homines Insule] compellere ad jurandum, et ceteri domini de Insula debent nos adjuvare ad compulsionem hujusmodi faciendam (Ibid., p. 6 n. 5). Voir aussi D. Carraz, L’ordre du Temple dans la basse vallée du Rhône (1124-1312). 56Pour les simples évêques, de telles interventions étaient hors de portée. Ramené à l’ensemble du fief, cela signifie que l’on pouvait posséder simplement quelques millièmes de seigneurie (1/3840 dans cet exemple)57! H. Chobaut, Notes sur Guillaume III Béroard, évêque de Carpentras (1231-1262), dans Annales d’Avignon et du Comtat Venaissin, 3, 1914, p. 97-114 : p. 108-112. 19 É. À une occasion, on trouve évoquée une «communauté du lieu tant des nobles que des populaires120». De ce fait, une partie de la suzeraineté sur le village échappa au pape. 31.) (L. A. Boyer, Histoire de l’église cathédrale de Vaison, I, Avignon, 1731, p. 98). 27Cet exemple permet ainsi de relativiser les effets de la division d’un fief. Citons par exemple Aubres, Bollène, Bourbouton, Eyroles, Lagarde-Paréol (dont le nom vient justement de « parier »), Lapalud, Pierrelatte, Rochegude, Valouse, Valréas. En 1364, Rostan de Sabran, seigneur de Robion et coseigneur des Taillades176, avec l’appui de son fils émancipé Rainier (Raynus), coseigneur de Caumont177, agressa son autre fils Pierre Amic. Localement, il s’agissait d’acquisitions non négligeables au vu du fractionnement de la coseigneurie. ADV, 3 E 38/17, fol. 119 ADV, AM Venasque, BB 15, fol. Les coseigneurs avaient un rôle important dans ces petits consulats, dont la tâche essentielle se limitait le plus souvent au prélèvement des bans, soit le degré minimal du pouvoir seigneurial. Le résultat est spectaculaire : son fils Isnard Voute189, au moment de l’enquête de 1414, possédait tout simplement la plus grande propriété connue du Comtat190! Dans le patrimoine féodal des évêques, en s’en tenant toujours qu’aux seuls fiefs non divisés, il n’y avait que des villages modestes : Rasteau et Crestet, possédés par les évêques de Vaison; Vaucluse, fief de ceux de Cavaillon; Le Beaucet, Malemort et Saint-Didier contrôlés par les évêques de Carpentras. Un nouveau régime était institué. Le symbole de cette nouvelle richesse est la grande enquête domaniale conduite en Venaissin en 1253 pour le compte d’Alphonse de Poitiers, qui comprend une synthèse sous forme d’inventaire des droits, fiefs, revenus et propriétés du comte et les procès-verbaux des interrogatoires menés dans chaque localité4. En janvier 1295, soixante-cinq coseigneurs, présents ou représentés, participèrent à la cérémonie, dont sept chevaliers. 91r-v). D'après Solange Montagné-Villette, La France, les 26 régions, Armand Colin, 2010. cit., p. 544-545. Quand elle prend fin, on ne retrouve qu’un seul consul, aidé par un capitaine pour les questions militaires. 33Le consulat de L’Isle comme «institution seigneuriale», «organe administratif et judiciaire que se donnèrent les co-seigneurs gênés par leur nombre et par la division croissante de la seigneurie85» a probablement servi de modèle. 184 Sur Jean Maubernard, cf. 191r-201v), de 1362 (éditée par L.-H. Labande, L’occupation du Pont-Saint-Esprit par les Grandes Compagnies (1360-1361), dans Revue historique de Provence, 1901, p. 79-95, 146-164, ici p. 157-164) et de 1364 (ADV, C 127). Le modus vivendi fut fixé en décembre 1251136. 181 Pour la généalogie de cette famille, cf. Fournier et P. Guébin, Paris, 1959, p. 285, 286. Doc. Un séjour en Chambre d'hôtes ou en gîte rural, locations de vacances au Pays du Mont-Ventoux, du Comtat Venaissin, du Pays de Sault.Le Mont-Ventoux... haut de ses 1912 m, Montagne mythique dans l'histoire de la Provence.Au Pays de SAULT vous irez à la découverte de la beauté authentique et sauvage des hauts plateaux vauclusiens.La Vallée du Toulourenc, le Plateau d'Albion, le Luberon. 127r (1420), 141v (1424) ; AM Venasque, BB 16, fol. Mais quelques parties s’en étaient détachées. Synthèse : Décrivez et expliquez le fonctionnement de l'espace agricole du Comtat Vanaissin. 404). La forteresse du premier est mentionnée, par exemple, en 1380 (ADV, 3 E 70/504, fol. The example of Venasque is an extreme case, with 60 seigneuries and a sophisticated system of division within the dominium. Le notaire de ce parchemin était en effet celui des consuls de L’Isle, dont les noms figurent dans la formule de datation69 et la bulle servait de validation. Doc. 13Dans le cas de Saint-Saturnin-lès-Avignon, les seigneurs sont énumérés à l’occasion d’un accord de juillet 1204, portant sur de nouveaux moulins sur la Sorgue25. Les deux familles les plus représentées étaient les de Caderousse et les d’Ancézune. Les vendeurs étaient Bertrand et Rostan de l’Isle, fils de feu Bertrand de l’Isle. Les villages tels que l'Isle-sur-la-Sorgue ou Cavaillon débordent de charme et d'authenticité. Le consulat semble ainsi avoir été confisqué par le comte, qui intervint personnellement dans l’affaire. En lien avec la mondialisation, ces espaces connaissent des dynamiques variées. Il obtint gain de cause auprès du juge mage de Carpentras qui annula les prises de gage faites à son encontre et ordonna qu’il paie les tailles avec les nobles123. 70v-71v). En 1269, quinze feux dépendaient du seigneur laïque, Bérenger Roger, et soixante-douze feux de l’évêque de Vaison147. Véritable fil rouge de cette promenade le canal est la clef qui vous apportera tout au long de votre parcours une compréhension sensible des paysages. Doc. Carpentras, ms. 562, fol. 23 (22 août 1441 : acte original de la confirmation de la vente par Constance Maubernard). Il était donc à la fois suzerain des coseigneurs, coseigneur de la moitié de la parerie, et copropriétaire avec la puissante famille seigneuriale du village. Depuis le travail de Florian Mazel, le fonds Simiane des Archives nationales a été reclassé. 122 ADV, 3 E 26/2605, fol. En 1405 il avait acheté à Bedossa Bedos, veuve de noble Brocard de Lagnes, coseigneur du lieu, une part de coseigneurie complète : des droits de justice pour 60 florins et, pour 340 florins, un «château ou maison» dans le castrum, avec deux cours, des constructions annexes, un ferrage et quinze saumées de terres205. Le 22 août 1240, ces derniers abandonnèrent la haute justice et lui firent hommage. Un acte de 1304 consigne la vente du tiers de la quarante huitième partie de la coseigneurie pour 45 livres11. 469, 470, 471). 10Dans la très petite cité épiscopale de Saint-Paul-Trois-Châteaux, la coseigneurie s’était aussi imposée au début du xiie siècle. Le 4 janvier 1295, ces coseigneurs s’entendirent pour faire justice commune pendant dix ans, avec un partage des revenus judiciaires au prorata. Expliquez le fonctionnement du Comtat Venaissin, en recourant à différents niveaux d'échelles. Pour distinguer les homonymes, les surnoms ne suffisaient pas et le notaire devait souvent indiquer le nom des pères44... Cet effectif serait déjà important pour une ville, or Venasque n’était qu’un village. 1Au milieu du xive siècle, le Comtat Venaissin atteignait son apogée territorial après les acquisitions faites depuis l’installation des papes à Avignon1. B.M. À Lagnes aussi, Guy de Pesteil était devenu un coseigneur de poids. Alphonse de Poitiers reconnut le caractère illégitime de ces dons et fit restituer le ban109. 15 Pour ces acquisitions, voir le bilan dans Cartulaire de l’évêché de Saint-Paul-Trois-Châteaux, p. 153-154, et les nombreux actes cités. 124 ADV, 3 E 22/10, fol. D’autres logiques pouvaient aussi s’exprimer, celle d’un remembrement ou d’une «rationalisation» de la coseigneurie. Les deux se nourrissent l’un l’autre. Les Trimond tirent leur patronyme de « Trimond de Védène », mentionné avec ses frères comme seigneur en 1129 (Ibid., n° 114, p. 124). 6 Cartulaire de la commanderie de Richerenches de l’ordre du Temple (1136-1214), éd. cit., n° 301, p. 85. Germain Butaud, « Aperçus sur la coseigneurie en Comtat Venaissin (xiie-xve siècles) Â», Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge, 122-1 | 2010, 63-87. C’est en septembre 1253 seulement que le sénéchal du Venaissin priva les hommes de Sorgues du consulat qui leur donnait jusqu’ici le contrôle de la justice99. 26v (14 mai 1400, in aula nova) ; 3 E 38/30, fol. Dans les années 1420, il existait une «communauté du menu peuple», expression unique en Comtat, avec deux syndics127. Nous n’avons pas pu consulter cette acte dont la cote ancienne est : ADV, 2 E Duché de Caderousse 78/1, car ce fonds est en cours de reclassement. 4Nous nous contenterons ici de simples aperçus portant sur une tranche chronologique plus ample, en privilégiant dans un premier temps deux questions pour lesquelles le terrain d’étude choisi apporte des éclairages originaux : le processus de partage et de fractionnement des seigneuries, puis l’organisation communautaire des coseigneurs qui étaient parfois suffisamment nombreux pour constituer un véritable corps politique. Cette bipartition se retrouvait à Aubignan. 3r). Mais à d’autres occasions, les nobles ne participaient pas aux décisions. cit., p. 524-527). 135 I. Cartron, Le château comtal de Vaison, dans Provence historique, 40, 1990, p. 37-55. Chacun d’entre eux était composé de cinq cinquene. La nature est respectée, les paysages bonifiés par des villages provençaux posés sur le Piémont du Mont Ventoux. 34 Sur cette famille, implantée à Boulbon et Barbentane, et son rôle à Avignon, cf. 53 Cf. Ainsi lors d’une vente de 1226 à l’évêque de Carpentras, les parts de cinquena vendues correspondent à un pouvoir in banno, in consulatu, in cartis, in pascuis, in garriga comuni, in montaneis, in feudatariis, in hominibus (B.M. Carpentras, ms. 562, fol. Contraint d’abandonner la charge de podestat d’Avignon, il passa un compromis avec les coseigneurs de L’Isle. En représailles, les coseigneurs multipliaient les prélèvements et «exactions». Although somewhat reduced now, this territory under study allows a demonstration of the extent of the phenomenon of seigneurial divisions, which peaked in the 1th to 13th centuries. 272, fol. 9L’intensité du fractionnement seigneurial autour de Richerenches est exceptionnelle et ne peut être généralisée. 25Un acte de 1254 concernant Chamaret, en Tricastin, permet d’assister à un autre type de remembrement59. L’emprise d’Avignon s’exerçait également sur Sorgues. Cartulaire de la commanderie de Richerenches, p. CLXIII. À Lagnes, par exemple, en 1253, le comte jouissait de la moitié de la juridiction, tandis que l’autre était toujours tenue par un groupe de pariers qui devaient être puissants à l’origine160. Il y a deux thèses en présence : Celle de Bouche, Papon et A. Brun, popularisée par A. Thierry dans son «Histoire des Gaulois » qui font dériver le Comtat Venaissin d’un Comté de Venasque (Comitatus Vendacensis) [1]. cit., p. 185-189. 38 Confitemur et in veritate recognoscimus vobis Ermitano, nomine vestro et nomine uxoris vestre Aude, et vobis Willelmo Raimundo de Avinione, et Bertrando de Jocone, et vobis Raymbaudo de Anceuna, et Willelmo de Anceuna, et Raimundo fratribus, et Petro de Cadarossa, et Willelmo de Cadarossa, et vobis Bertrando de Cadarossa et Poncio Jarente fratribus, et Bertrando de Sancto Pastore, et Guarino de Lers, et Beatrici de Bello-Monte, et Raymbaudo de Mamolena, dominis Cadarosse [...] (Layettes du trésor des chartes, II, n° 2455, p. 319-321). 57 B.M. Carpentras, ms. 557, fol. Fait significatif, en août 1290, les deux consuls Geoffroy de Venasque et Guillaume Bertrand interdirent, sous peine d’une amende de dix livres, tout regroupement de plus de cinq personnes. Au début du xiiie siècle, la localité relevait directement de l’Empire. 96r (3 octobre 1398). Une cinquena se trouvait aux mains de quatre copartageants : Raibaud Itier, les fils de feu Raymond de Mornas, Bertrand Itier et Bertrand Alfant. 10 Au sujet de ces différents seigneurs de Valréas, voir Cartulaire de la commanderie de Richerenches, p. liii-lxxxiii et É. cit., qui comporte une liste des consuls (p. 625-643) et L.-H. La-bande, Avignon au xiiie siècle... cit. Restait donc un quart (du tiers de la moitié) qui fut divisé en deux parts : la première appartenait aux fils et héritiers de feu Guillaume de Montseren, la seconde à la fille de feu Guillaume Pierre Itier pour moitié tandis que l’autre moitié restait audit Guigues de Turre Veteri, le propriétaire initial. Il dura un peu plus longtemps que celui d’Avignon. Qu’est-ce que cela nous montre sur le Comtat-Venaissin (réfléchissez notamment en termes de quantité et de transport et appuyez-vous aussi sur le document 1) ? Dans les registres d’hommages tenus par l’administration pontificale143, on ne trouve le plus souvent guère plus de détails. Remarques introductives : autour de la définition et de la typologie de la coseigneurie, Normes rédactionnelles – Norme redazionali – Editorial rules, Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge, Pluralité des seigneurs et fractionnement des seigneuries (, La coseigneurie dans les marches septentrionales du Venaissin, La coseigneurie dans la région d’Avignon, Les coseigneuries de Caderousse et de Venasque, Consulats et organisation communautaire des seigneurs (, Un modèle de consulat seigneurial : L’Isle-sur-la-Sorgue, Consulats, coseigneurs et chevaliers (première moitié du, Les «consulats du ban» du diocèse de Carpentras, Nobles et populaires à Venasque et à Caderousse, Coseigneurie étroite et remembrement seigneurial (, La diversité des coseigneuries étroites, Le remembrement seigneurial conduit par les pouvoirs souverains et épiscopaux, http://journals.openedition.org/mefrm/docannexe/image/595/img-1.jpg, Catalogue des 552 revues, Fig. Seul le comte méritait le nom de seigneur; les anciens coseigneurs s’étaient fondus dans la masse des chevaliers. 172 Les chartes épiscopales concernant Venasque sont ainsi fournies jusqu’en 1345, puis on ne trouve que deux actes isolés, datant de 1428 et 1489 (B.M. Des parents de ces derniers, soit trois frères et leurs deux neveux, ne l’entendirent pas ainsi. Sur le consulat de Monteux, voir en outre B.M. 64Ce patrimoine seigneurial ne resta uni que quelques décennies. Les achats concernant Ménerbes en 1340 sont d’une autre nature car la papauté y avait peu de droits jusque là. La tour des Vassadel est encore conservée151. Chevalier, Regeste dauphinois, II, Valence, 1913, n° 6148, col. 53-54. 1). 50Cette question des officiers seigneuriaux est l’une des plus importantes pour saisir la nature réelle de la coseigneurie. DU COMTAT VENAISSIN 1 L'onomastique juive du Comtat comprend deux périodes bien définies: - avant le XVI~ siècle, avec la double appellation, J'une juive l'autre fran­ çaise. Tel est le cas pour Venasque documenté à partir des années 1220. Carpentras, ms. 561, fol. Il est très probable que le partage du patrimoine familial était à l’origine du conflit. 150 En 1363, les coseigneurs des Taillades étaient Rostan de Sa-bran (par ailleurs seigneur de Robion), Porcelette de Sabran et Amiel Vassadel (ADV, B 6, fol. Carpentras, ms. 562, fol. The seigneuries sometimes organised themselves into real political councils, that they controlled exclusively. 73r). Politiquement, les coseigneurs s’organisèrent parfois en véritables consulats, qu’ils contrôlaient exclusivement. Carpentras, ms. 557, fol. 30 Gallia christiana novissima. 4°/ Doc. 5). Certes, il y a des cas où la disparition de la coseigneurie est brutale, comme à l’Isle-sur-la-Sorgue ou Noves par exemple, mais ils sont minoritaires. En 1211, l’achat par l’évêque élu Geoffroy d’un domaine à Freyssinet, pour 12250 sous viennois, fut dénoncé par les sept coseigneurs (dominos) de Pierrelatte, en l’occurrence Jordan et Guillaume de Pierrelatte, Pierre de Sérignan, Pons de Saint-Just, Guillaume de Saint-Pasteur, Guillaume Vetulus et Raymond de Bocoiran. 146 B.M. Pierre d’Espinouse avait hommagé pour le tiers complet de Rochegude, et d’autres fiefs (U. Carpentras, ms. 557, fol. 2124, fol. En 1253, il n’en restait presque plus rien : les chevaliers qui n’avaient pas vendu leurs droits ne détenaient plus que quelques «particules» de seigneurie, très embrouillées84! Cela dit, cet argument n’est pas recevable pour une autre localité où le consulat du ban perdura. 176 ADV, B 6, fol. 51r (8 juillet 1362), 55v (vice-bayle de la cour). 2. On a pu décrire les chevaliers d’Avignon enrichis par les revenus du port et les taxes sur les marchés, «comme un vaste groupe d’actionnaires, le métier des armes en plus, qui touche les coupons d’une affaire déjà fort ancienne, mais qui a beaucoup prospéré36». Dans cet ensemble figuraient de nombreuses localités que les comtes de Toulouse avaient pu faire entrer dans leur domaine et contrôler totalement. 57S’il est légitime de parler de remembrement seigneurial à propos des souverains du Comtat Venaissin et des évêques, il faut donc l’entendre comme un phénomène graduel et partiel. 3r). cit., p. 524. Le 31 juillet 1237, Raymond VII était à L’Isle pour accorder aux prud’hommes l’exemption des leydes et des péages dans l’étendue de ses domaines, et les affranchir de toute taille ou albergue non consenties80. Le pays n’avait en outre pas encore subi les conséquences de la guerre qui entraîna l’abandon de nombreux villages. Après le milieu du xiiie siècle, ceux qui subsistèrent évoluèrent en «consulats du ban», une caractéristique du diocèse de Carpentras, tandis que, du fait des remembrements, les coseigneuries étroites furent de plus en plus fréquentes. 1 – La région du Comtat Venaissin au milieu du xive siècle. Or elle acheta alors quatre parts de coseigneurie : un douzième, pour 650 florins, auprès d’Humbert d’Agoult, un trente-deuxième à Bertrand Rodan (100 florins), un autre trente-deuxième à Pierre et Raymond de Gordes (32 florins), enfin un soixante-quatrième à Pierre Bermond (21 florins)164. Il fut très éphémère. Ibid., p. 9-10 et la liste des consuls, p. 30-33. Feuilleter un extrait. L’expression de « modèle avignonnais » est utilisée par cet auteur. 112 Ibid., AA 1, fol. Avignon, ms 4046, fol. Malbois, Notice historique sur Valréas avant son entrée dans l’État pontifical (1317), Vaison, p. 9-14. En 1414, au moment des opérations de cadastres, Caderousse concentrait cinq (ou six en comptant celle du prieur) des vingt plus grandes propriétés du pays attestées par l’enquête, dont la plus grande, de 736 éminées43. 20Au début du xive siècle, mise à part la cinquena Guillemi Gaufridi acquise dès 1226 et qui était intégralement à l’évêque, toutes les autres étaient partagées inter dominos et parerios dicti castri de Venasca. 4 : Qu’est-ce qu’un MIN ? 24 [...] nos Raimundus de Orgone, Petrus de Novis, Isnardus de Novis, Berengarius de Novis, Rostagnus de Novis, Bertrandus de Ca-bannis, Raimundus Jusberni, B[ertrandus] Elisiardus, Audebertus de Novis, Alfantus de Novis, Raimundus de Avinione, Dalmatius de Novis, Ugo de Novis, Cabannas et Is[nardus] nepos ejus, , omnes pariter [...] ». C’est en combinant ces sources que nous avons pu proposer cette première estimation, à affiner, du nombre de coseigneuries vers 13505. La proximité d’une cité importante constituait un environnement favorable pour l’émergence d’une coseigneurie. 10v, 12v, 28r. Vers 1215, selon les déclarations faites lors d’une enquête, le pouvoir épiscopal s’était imposé sur la cité, à l’exception du faubourg de Géraud Adhémar qui échappait à son emprise, pour peu de temps. 114 Ibid., AA 1, fol. 29v). Doc. cit., p. 294. 153 L.-H. Labande, Les chartes de l’évêché... cit. En 1248 par exemple, la vingt-quatrième partir du fief détenu par une fille d’Hugues de Valréas et une autre portion équivalente, détenue par les Templiers, furent cédées par le comte de Toulouse à Dragonet de Montauban. Cette pratique servit de modèle pour les autres seigneurs qui eurent tendance à favoriser les aînés et hiérarchiser les lignées. 29r-30r, 112r. En revanche, certains consulats ruraux purent se maintenir pendant quelques décennies, et parfois plus longtemps encore. Mais il ne s’agit que d’une influence ponctuelle (puisque le système ancien est attesté de nouveau dès 1230) et superficielle67. Un troisième et dernier développement sera consacré aux coseigneuries étroites, plus fréquentes, et qui dominent le paysage seigneurial de la fin du Moyen Âge, marqué par un déclin relatif de la coseigneurie.